Mercredi 8 avril je suis débordée, débordée et stressée.
Le matin notre Proviseur adjoint me demande de présenter l'expérience Enseigner autrement reconduite cette année en classe de seconde pendant la table ronde programmée cette après midi même avec M. Descoings à 15h. J'ai cours toute la matinée jusqu'à 13h et ai prévu de faire les dernières courses nécessaires à l'élaboration du premier Séder de Pessah, entre les deux. Pas de panique, je maîtrise l'expérience, je devrais arriver à en parler sans grande préparation.
Cette consultation nationale est un événement sans précédent en France. Je compte bien y assister et présenter Enseigner autrement à M. Descoings. L'occasion m'est donnée de faire connaître La Méthode Chalude de la Performance et de partager tout ce que j'en tire de positif dans ma pratique pédagogique.
Je fais mes courses, rentre sans tarder chez moi, et imprime tous les documents relatifs à Enseigner autrement pour me préparer d'une part, et d'autre part pour constituer un dossier à remettre à M. Descoings.
Beaucoup moins stressée maintenant mais toujours aussi débordée, je retourne au lycée, sans savoir ce qui m'attend...
L'endroit choisi pour la table ronde est l'un des réfectoires du lycée et je m'y installe avec Nathalie, la collègue à l'origine de la classe de seconde expérimentale, à laquelle je participe aussi et que nous avons appelée : World Tour. Nathalie a pour mission de mentionner toutes les expériences innovantes faites au lycée et de me laisser ensuite la parole pour que j'expose la mienne.
L'agitation, la présence de messieurs-costumes-foncés, oreillettes et cordons zigzagant au cou, les joues et le crâne rougis de notre Proviseur, nous font pressentir que Monsieur Descoings n'est pas venu seul.
En effet, l'accompagnent Xavier Darcos, notre ministre et Nicolas Sarkozy, notre président. En un temps record, alors que je n'ai pas terminé ma conversation avec ma voisine Conseillère en Formation Continue, ces trois hommes prennent place à un mètre de nous sur des chaises d'école. Notre proviseur, maintenant grenat, prend la parole pour saluer la visite surprise du Président et déclare le forum ouvert.
Monsieur Descoings reprend le flambeau puis un élève du lycée attaque aussitôt, le micro que Cyril Delaye, le conseiller du chargé de mission pour la réforme du lycée lui a tendu, à la main. Le débat est lancé.
Nicolas Sarkozy écoute la question de l'élève et M. Descoings y répondre en un développement argumenté qui me fait craindre que ce forum ne soit qu'un long monologue et non pas l'échange prévu.
Mais je me trompe.
Les questions des élèves se suivent et Richard Descoings prend son temps pour y répondre en parlant : "sous le contrôle de Monsieur le Président" qui est attentif et sage. Mais il ne résiste pas longtemps à l'envie de s'exprimer, et sans notes et dans une posture décontractée qui témoigne d'une grande habitude à parler en public, il apporte des réponses, donne des informations, exprime des convictions. Très vite, l'assemblée ne s'adresse plus qu'à lui et oublie la présence de Richard Décoings et celle de Xavier Darcos. L'inconfort des chaises de cantine ne semble pas gêner M. Sarkozy qui parle avec passion et : "sous le contrôle de Monsieur Descoings." Il se montre attentif aux personnes présentes, sympathique, et semble très bien connaître son dossier.
Quant à Xavier Darcos personne n'aura l'occasion d'entendre le son de sa voix sauf notre Proviseur que je surprends à bavarder avec lui alors que le président est en train de parler(!).
Les questions, les interventions de parents d'élèves, les interpellations des collègues, les doutes, les craintes, les remarques des élèves, des enseignants et des autres intervenants font écho aux réponses, aux propos rassurants, fermes, aux conseils aux élèves et aux précautions oratoires du président vis à vis du corps enseignant.
Nous avions voulu que la consultation se passe en plusieurs temps et sans langue de bois. Les élèves volontaires avaient préparé leurs questions, les enseignants volontaires certaines interventions. D'autres interventions étaient plus spontanées, parfois plus "agressives" mais toujours extrêmement courtoises.
Une trentaine de thèmes a été abordée : l'absentéisme croissant et de plus en plus ingérable des élèves dès la seconde par le Conseiller Principal d'Education, l'inégalité financière entre les élèves dans la participation aux voyages scolaires, les mauvaises conditions de travail des enseignants et des élèves, la quasi-inexistence d'une politique de gestion de la santé des enseignants, la délicate question du rôle des entreprises à l'école, les stages, les filières, l'orientation, la préparation des élèves au baccalauréat, l'autonomie des établissements, l'organisation du temps scolaire, l'apprentissage des langues étrangères etc...
Et puis à mon tour je prends la parole et je soulève la question à mon sens cruciale de la formation et de la formation continue des enseignants. Nous sommes la seule corporation à ne pas bénéficier d'une véritable formation prodiguée par des spécialistes. Et je raconte à Monsieur Sarkozy que quand appuyée par ma direction j'ai sollicité une aide négociée, c'est à dire une formation collective à laquelle ont souscrit 25 collègues l'année dernière, la réponse d'abord positive est devenue bizarrement négative quand il s'est agit de rémunérer le formateur spécialiste Michel Chalude extérieur à l’Education Nationale à sa juste valeur.
J'ajoute que pour réussir il faut des élèves et des enseignants heureux et que le plaisir d'enseigner doit rencontrer le plaisir d'apprendre.
Plus tard Monsieur Sarkozy, est interpellé par un élève sur la notion de plaisir et déclare que c'est de l'effort que provient le plaisir.
Malheureusement ce discours ne convainc plus les élèves d'aujourd'hui. Il est inefficace pour la grande majorité d'entre eux car il est incomplet. Si pour certains l'effort est naturel car ils savent par expérience qu'au bout ils rencontreront les résultats escomptés et en tireront fierté et plaisir, d'autres doivent en être convaincus a priori. Comment donc les convaincre si ce n'est en leur proposant des activités qui les touchent et leur font plaisir ?
Le plaisir qu'un élève pensera trouver dans un travail le poussera à effectuer ce travail qui pourra ainsi lui donner du plaisir.
Cela s'appelle la MOTIVATION. Sans motivation pas de travail efficace et durable. Il nous faut donc proposer du plaisir à nos élèves pour qu'ils fassent les efforts qui leur procureront du plaisir, et ainsi de suite. CQFD.
Ainsi peu à peu ils intègreront par expérience que les efforts procurent du plaisir et accepteront avec enthousiasme des activités et des apprentissages plus "difficiles" car ils auront foi en la réussite de ce qu'ils entreprendront.
D'après Michel Chalude et son modèle : "le plaisir vient après l'effort", "la foi vient avant l'effort" et le deuxième souffle vient pendant l'effort"
L : l'image positive de l'avenir: j'y crois. Ceci représente, au départ, la foi que je vais réaliser quelque chose d'important.
M : la discipline de travail, le rythme de production quelque peu mécanique, "il faut mettre un mot devant l'autre et recommencer" pas à pas. Ceci correspond au deuxième souffle.
C : le plaisir de se détendre, le désir d'innover, l'envie d'évoluer, de grandir encore ou de faire grandir. Ceci relance la motivation jusqu'à la réussite finale.
C'est tout le sens de ma démarche d'enseignante et de mon expérience Enseigner autrement.
Il est 17 heures passées, Monsieur Sarkozy doit partir, il répond à une dernière question et, semble-t-il satisfait, nous quitte.
samedi 11 avril 2009
Messieurs Sarkozy, Descoings et Darcos au lycée Champlain par Marie-Laure Aboulker
Publié par Marie Laure à 14:21 0 commentaires
Libellés : Absentéisme, Apprentissage d'une langue, Expérience, La Méthode Chalude de la Performance, La réforme des Lycées, vécu
lundi 2 février 2009
Conseils de discipline - Une réponse à l'absentéisme ?
Il a neigé cette nuit. Conseils de discipline - Une réponse à l'absentéisme ?
Naïvement je ne pense même pas que mes étudiants ne pourront pas se rendre au lycée. Les autobus ne roulent pas quand il neige dans la région parisienne.
Heureusement que la prof principal m'appelle chez moi, poussée par nos étudiants de 1ère année de BTS Assistant de Gestion PME-PMI. En effet ces derniers lui demandent de me joindre pour savoir si j'assure mon cours avec eux ou pas. Je vais, c’est sûr, en décevoir quelques uns puisque je réponds que je serai fidèle au poste. Je suis sincèrement désolée pour les sérieux qui n’auraient pas craché sur mon absence, je sais ce que c’est j’ai été élève ! Mais j'espère pouvoir me rendre au lycée avec mon 4x4.
Je ne vois pas pourquoi je manquerai mes cours et je suis curieuse de voir l'impact qu'à eu la décision que l'équipe pédagogique et la direction ont prise conjointement à l'encontre de nos absentéistes. Lors du conseil de classe semestriel, devant une seule déléguée, elle-même absentéiste, et le très petit nombre d'étudiants qui souhaitaient assister à l'étude de leur cas, nous avons prononcé treize conseils de discipline pour les plus absents et les plus paresseux. Cette décision a fait des vagues aussi bien auprès de nos collègues syndiqués ou non dans notre salle des profs qu’auprès du Recteur d'Académie. Il est vrai qu'un tel sursaut n'est pas politiquement correct, sans doute parce que l'on ne retient que le côté sanction du conseil de discipline et non pas ses vertus pédagogiques. A l'heure où j'écris je n’en connais pas l'issue.
Avant les dits conseils, notre proviseur a reçu ces jeunes gens. Il nous a ensuite réuni pour nous faire part des décisions et des justifications de ces étudiants. En effet traditionnellement, les étudiants préfèrent démissionner avant de passer en conseil de discipline et c’est tout le sens de ces entrevues. De plus elles permettent aussi d’avoir enfin un contact avec ceux que l'on ne voit jamais, car généralement ils se déplacent pour cette occasion.
Notre proviseur nous informe donc que tous ont décidé de continuer leur année même s'ils n'avaient pas choisi ce BTS au départ. Certains affirment même que finalement il ne leur déplaît pas.
Les problèmes personnels, criants, véritables ou exagérés, le manque d'argent qui les oblige à travailler parfois vingt heures à l'extérieur pour d'autres, nous renvoient en pleine face la dure réalité de la vie d'une partie de nos étudiants. L'énorme fossé qui existe entre leur scolarité précédente en Bac Professionnel ou Technologique et les exigences de ce BTS nous interpellent et nous questionnent aussi.
Certains se disent déprimés.
Déjà pendant le conseil de classe nous avions soulevé beaucoup de questions :
· Comment faire comprendre au Rectorat que les affectations des élèves en BTS, doivent prendre en compte la réalité des étudiants, leurs goûts et leurs envies ?
· Comment mieux faire connaître notre formation pour y attirer plus d’ étudiants susceptibles de réussir pour ainsi contribuer à insuffler un meilleur climat de travail ?
· Comment aider nos étudiants à avoir une plus grande estime d’eux-mêmes pour une meilleure réussite ?
· Comment traiter l’absentéisme au lycée ? Pour les élèves, pour les étudiants, sachant que les universités ont apporté une réponse en sanctionnant les absences ?
· Comment nous les enseignants, mieux connaître le niveau et les besoins de nos étudiants pour nous y adapter, sachant qu’ils sont très hétérogènes, et les entraîner dans une spirale de réussite ?
· Comment traiter l’hétérogénéité de nos étudiants ?
· Comment aider les professeurs à enseigner dans ces classes ?
Il me semble indispensable d’ apporter des réponses concrètes à ces questions qui sont centrées sur trois pôles
1. Le recrutement des étudiants
2. Les étudiants
3. Les enseignants
Je ne pourrai qu'essayer des réponses sur les deux derniers pôles, le premier m'échappant complètement.
C’est ce que je ferai grâce à mon expérience et ma pratique de LMCP dans un prochain billet.
Publié par Marie Laure à 17:35 0 commentaires
Libellés : Absentéisme, Discipline, La Méthode Chalude de la Performance, Pédagogie, performance
mercredi 21 janvier 2009
Les élèves perturbateurs
Dans ses commentaires, RMF pose le problème des étudiants perturbateurs. Les élèves perturbateurs
Qu'ils soient bavards, insolents, absents physiquement ou « ailleurs » en classe, ceux de nos élèves qui n'adhèrent pas à nos cours nous déstabilisent, nous irritent, gênent notre progression pédagogique, et pour le moins nous interrogent.
Il y a les profs qui croient qu'un élève est par essence programmé pour suivre leurs cours, qu'ils soient bons ou mauvais, je parle des cours bien sûr. Ils affirment que si ces élèves ne les suivent pas cela leur est égal, du moment qu’ils ne perturbent pas la classe. Et puis il y les autres, ceux qui le vivent comme un échec et ne l’acceptent pas. Même s’ils savent que les raisons ne lui incombent pas forcément, ils se remettent systématiquement en question quand cours après cours untel ou untel ne suit pas. Les raisons peuvent être extérieures au cours et souvent, si la confiance est déjà établie avec l’élève, l’écouter s’il désire parler peut l’aider. Au trop souvent entendu : « Nous ne sommes pas des assistantes sociales ! » je réponds qu’il ne s’agit pas de se substituer à ces personnes utiles mais ô combien débordées à cause du nombre d’élèves qu’elles ont en charge, mais de faire preuve d’intérêt pour son élève avec lequel une tranche de vie, même en pointillé, s’effectue. Quand je parle d’intérêt il s’agit d’intérêt authentique pour lui et non de démagogie. Souvent cette marque d’intérêt est suffisante pour que l’élève se remettre à suivre en cours. Bien sûr je ne prétends pas que cela suffise tout le temps car les raisons pour lesquelles un élève ne suit pas sont multiples.
Interrogeons nous sur de possibles raisons :
A-t-il assez dormi ?
Assez mangé ?
Est-il en bonne santé physique ? psychologique ?
Se sent-il en confiance dans le cours, dans la classe, dans l’établissement scolaire ?
Comprend-il de quoi on lui parle dans le cours ? Est-ce trop difficile, trop facile ? Est-il saturé ?
A-t-il envie d'être là à ce moment ?
Quelle est l’image qu’il a de sa capacité à réussir ?
Quelle est l’image que le professeur lui renvoie de sa capacité à être un bon élève, d'être sage comme une image ?
Nous connaissons tous l’étude de Robert Rosenthal, l’Effet Pygmalion. Les conclusions de cette étude montrent que quand les enseignants s’attendent à de bons résultats et sont confiants dans l’évolution de leurs élèves, c’est ce qu'il se produit. A l’inverse quand ils sont persuadés que leurs élèves n'en sont pas capables, ces derniers leur donneront raison.
D’aucuns diront que chercher des raisons c’est excuser des comportements inexcusables. Eh bien ce n’est pas mon avis. Car il s’agit ici de trouver des solutions. Certaines sont simples, comme les inciter à déjeuner le matin, d’autres plus complexes ; mais à mon sens elles exigent que nous fassions montre d' empathie pour mieux comprendre ces comportements.
Les réponses à ces comportements doivent être pensées en pédagogue, ce qui n’exclut pas bien évidemment les sanctions prévues par les règlements des établissements.
Publié par Marie Laure à 18:18 0 commentaires
Libellés : Absentéisme, Comportement, Discipline, Pédagogie
mardi 13 janvier 2009
Un cours pas comme les autres
Aujourd’hui 8h, le désert qui règne devant mon labo de langue, que j'occupe par manque de salles disponibles, ne m'émeut plus puisque je suis maintenant habituée à faire cours à une portion congrue de ma classe de BTS PME-PMI. Quatre élèves encore ce matin, cela sera désormais, je le décide, mon chiffre fétiche. Quatre élèves que je n'ai pas eu le plaisir de voir récemment et qui ne savent rien de ce sur quoi nous travaillons et qui donc ne peuvent pas avoir fait le travail que j'avais donné pour aujourd'hui. Alors comment rentabiliser les deux heures qui s’annoncent ? Sur quoi travailler avec eux ? Un cours pas comme les autres
Fastoche ! Aucun d'entre eux n'a assisté au cours précédent, donc refaisons ce qu'ils auraient dû faire s’ils avaient été présents ! Allez au travail !
Qui ose dire que les professeurs ne sont pas adaptables !
Après avoir re-expliqué la méthode du compte rendu –peut-être une nouveauté pour eux - nous voici partis à appliquer ladite méthode au moyen de cet article de journal dont le gros titre me fait de l’œil : HOW VANESSA WENT GLOBAL WITH HER JOB.
Les protagonistes de cette Success Story me sont très familiers car je les côtoie depuis si longtemps maintenant et Vanessa me fait voyager dans le monde entier grâce au télétravail qu’elle pratique avec bonheur. Merci à vous absents étudiants de me permettre de faire et refaire les mêmes cours... Mais trêve de plaisanteries, reprenons le fil du notre histoire, non pas celle de l'article de presse mais celle de ce matin.
Avec toute la douceur dont je suis capable, je demande à mes étudiants d’émettre des hypothèses sur le texte à partir de la lecture et de la compréhension du gros titre. Auparavant nous trouvons ensemble les mots clés, les expliquons et les notons au tableau. Une fois les hypothèses énoncées j’explique que nous les vérifierons par une lecture du texte. Pour pouvoir répondre aux fameuses questions : De qui, de quoi s’agit-il ? , Où et Pourquoi ? en anglais bien sûr, je les laisse disséquer l’article, sans dictionnaire, par groupe de deux, paragraphe par paragraphe. La consigne est précise, le ton rassurant : « Il s’agit de dire ce que vous comprenez de ce que vous lisez. Nous vérifierons ensuite si ce que vous dites est conforme à ce qui est écrit, étant entendu que faire des erreurs est naturel. » Puis j’utilise la métaphore du sportif qui pour être performant doit s’entraîner régulièrement.
Les voilà au travail, les uns aidant les autres pour extraire les idées contenues dans le premier et deuxième paragraphes. Le temps s’écoule paisiblement, les étudiants sont concentrés sur leur tâche. Je les aide à formuler leurs idées, leur fait retrouver des structures oubliées, des mots cachés dans leurs mémoires, et note leurs productions au tableau. Nous n’entendons pas la sonnerie annonçant la fin de la première heure et sommes authentiquement étonnés quand après avoir frappé discrètement à la porte blindée du labo entrent cinq autres étudiants de la classe, en s’excusant de leur retard « car Madame, comme vous ne nous acceptez plus en retard, nous avons dû attendre la deuxième heure »
L’espace d’un court instant me voici déstabilisée. En effet trois d’entre eux étaient présents au cours précédent et ont déjà fait ce sur quoi nous travaillons. Quid des deux autres ? Absents eux aussi. Quel mic mac ! Me voici avec trois groupes qui n’en sont pas au même point. Le premier, constitué de quatre étudiants a déjà terminé l’analyse du texte, le deuxième en est au deuxième paragraphe et le dernier ne connaît rien à la technique du compte rendu et n’a pas encore commencé à lire l’article.
Qui dit que les professeurs ne sont pas réactifs ?
« Groupe numéro 2, vous continuez l’analyse ensemble en intégrant groupe numéro 3 qui va d’abord lire le texte et copier les notes du tableau, pendant que je m’occupe de groupe numéro 1, celui qui en est à la phase finale c’est à dire celle du compte rendu. »
Ouf ! La solution est trouvée.
Eh bien ! C’était sans compter sur l’imprévu qui, je devrais le savoir, est assez courant dans cette classe : sur les trois étudiantes de groupe 1 une seule avait fait son compte rendu.
Catastrophe !
Par chance cette dernière veut bien me remplacer auprès de ses camarades pendant que je m’occupe de groupe 2-3.
C’est ainsi que nous avons terminé l’heure de cours, avec un professeur volant de groupe en groupe. Nous avons aussi fait un court bilan dans lequel les leçons ont été tirées par les étudiants eux-mêmes quant aux vertus du travail de groupe et aux problèmes occasionnés par leurs absences…
Publié par Marie Laure à 20:00 2 commentaires
Libellés : Absentéisme, cours, Pédagogie, Travail de groupes, vécu
mardi 6 janvier 2009
Retards
Deuxième jour de rentrée. Le froid, la neige, le verglas. Je pars plus tôt, j'arrive à l'heure mais j'imagine que mes étudiants de BTS profiteront du mauvais temps et des conditions difficiles de circulation pour ne pas venir à mon cours de 8h à 10h. C'est trop tôt déjà en temps normal pour certains, alors aujourd'hui... Retards
Bingo! J'en compte quatre. J'ai accepté les deux élèves en retard en raison des circonstances particulières. En effet, j'avais annoncé peu avant les vacances de Noël dans cette classe de 1ère année de BTS PME-PMI que désormais je n'acceptais plus les élèves en retard à mes cours. Cette décision je la leur ai expliquée ainsi : trop c'est trop! Cela, je crois résume bien que plus les limites sont déplacées plus on les déplace. Est-ce clair ? Bon en tout cas j'en avais marre de répéter , rerépéter tout ce que je disais en début de cours pour les retardataires qui arrivaient, décontractés, les uns après les autres, à mes cours. Donc j'explique en substance que s'ils savent que je ne les accepte pas en retard les étudiants feront l'effort d'arriver à l'heure. Mon argument doit être convainquant car j'en entends deux qui aquièscent d'une : "Elle a raison." Forte de cette adhésion, je mets ma décision à exécution dès le lendemain. Les élèves ne sont plus en retard -du moins je ne le sais plus car ils ne se manifestent pas- mais ne sont pas plus présents pour autant. Alors que faire? Les accepter et les conforter dans une attitude dilettante qui me gène et gène la classe. Les refuser et les laisser rater un cours, eux qui ont déjà du mal et qui ne rattrapent jamais les cours manqués ? Qu'en pensez-vous ? Et pourquoi l'une ou l'autre option ?
Publié par Marie Laure à 18:36 0 commentaires
Libellés : Absentéisme, Retards
lundi 5 janvier 2009
Concentration
Voilà, le premier de jour de rentrée s'achève et je vais vous faire part de mes rélexions. Aujourd'hui je retrouve ma classe de BTS 1ère année, PME-PMI. Si vous ne savez pas ce que sont ces BTS renseignez vous ou demandez le moi, je vous expliquerai. Une quinzaine de présents sur 30 étudiants inscrits, la routine. Je ne m'étonne plus, ne me fâche plus ni ne me décourage. Il faudra bien quand même que nous trouvions des réponses aux questions qui me tourmentent : pourquoi s'absentent-ils, s'ennuient-ils dans mes cours, dans nos cours? Que faire pour les faire venir et surtout REvenir ? etc... Mais aujourd'hui ce n'est pas le propos puisque j'ai intitulé ce message Concentration, je vais donc me concentrer sur la concentration de mes étudiants. Concentration
Je travaille avec eux sur un texte , en anglais bien sûr et donne des consignes précises sur ce que je veux qu'ils fassent. Les voilà au travail, chronométré. Très vite la neige, qui tombe, les boules de neige lancées par d'autres dans la cour captent leur attention. Très vite certains me disent qu'ils ne comprennent pas le texte, ce que j'interprète par : "je ne cherche pas trop à comprendre". Alors je prends les choses en main et les guide dans les exercices qu'ils devaient faire au départ seuls. Je ne les lâche pas, épuisée mais heureuse du travail accompli, jusqu'à la fin des deux heures de cours. Ouf !
Mon sentiment : c'est dur pour ces étudiants de se concentrer plus de 10 minutes.
Ma solution du moment : je recentre, encourage, aide, fais accoucher, et surtout persévère et ne me laisse pas aller à toutes leurs diversions car ils sont très très forts en stratégie d'évitement.
Et vous quel est votre sentiment, votre expérience en la matière ?
Publié par Marie Laure à 21:03 5 commentaires
Libellés : Absentéisme, Pédagogie, performance