Et s'il fallait que nous changions le mobilier des salles de classe pour que nos élèves puissent trouver la position idéale pour être plus attentifs?
Voici ce que je lis dans le New York Times et qui vaut la peine que l'on s'y arrête.
Dans une école primaire du Minnesota, USA, un professeur des écoles a conçu, fait financer et installer pour la deuxième année consécutive, dans sa classe de nouveaux sièges "assis-debout" avec leurs bureaux assortis à l’usage de ses jeunes élèves.
Le principe est simple : il s'agit pour l'élève de choisir sa position de confort pendant les cours, position qui peut varier. Il peut se tenir debout, utiliser le repose pied ou rester assis s'il le désire .
L'installation de ces nouveaux bureaux et de leurs sièges a pour origine le constat par cette enseignante que la liberté de ses élèves en matière de posture les rend plus attentifs. Elle se base aussi sur les travaux du Docteur en médecine James Levine, chercheur de la clinique Mayo.
Ce nouvel aménagement fait l'objet d’une expérience dans plusieurs écoles du coin et séduit de plus en plus d’écoles dans le pays.
En effet une autre enseignante déclare que depuis que ce nouveau mobilier a été adopté dans sa classe, aucun élève ne se tient la tête penchée sur son bureau comme cela pouvait être le cas avec des bureaux traditionnels. Au contraire, dit-elle, ils sont tout le temps en éveil. Elle ajoute que pour elle aussi les positions de ses élèves rendent confortables ses interventions auprès d'eux puisqu'elle ne doit plus se pencher pour lire leurs travaux.
Pour les spécialistes de l’éducation, les avantages pour l’élève d’une telle innovation sont doubles. D’une part ne plus avoir à s'appliquer à ne pas remuer en classe permet à l’élève de mieux se concentrer sur son travail, d’autre part pouvoir bouger à sa table de travail lui permet de lutter contre l’obésité et pallier la diminution du temps de récréation accordée aux élèves.
Pour l’instant les résultats de cette expérience ne sont pas encore publiés et si elle a des détracteurs, elle fait l'unanimité des spécialistes de l’enseignement comme des autres, pour preuve les réactions trouvées sur le forum proposé après l’article daté du 24 février 2009.
mercredi 25 février 2009
Un nouveau mobilier pour nos élèves ?
Publié par Marie Laure à 17:05 0 commentaires
Libellés : Comportement, Discipline, Expérience, Pédagogie, performance
mardi 17 février 2009
Correction des copies
Sisyphe faisant rouler son rocher. Correction des copies
C’est le premier jour des vacances de printemps. Me voici installée à mon bureau (acajou, récupéré dans le grenier de mon beau-père). Comme toutes les vacances scolaires, exceptées celles de fin d’année, je dois effectuer mon pensum : la correction des copies. C’est notre lot, à nous enseignants, de ne jamais vraiment déconnecter pendant nos congés. En plaisantant, à ceux qui me demandent avec ironie si je suis en vacances ou en grève, je réponds que je ne suis jamais en vacances mais au chômage technique. Enseigner dans une salle de classe vide ne rime à rien. Pas d’élève égale absence de travail sur site, dirais-je, mais n’empêche pas le labeur continuel, dans la tête et à la maison.
Souvent pour de longues heures, ponctuées de bouffées de cigarettes pour les uns, de gavage de chocolat pour les autres, l’enseignant corrige des copies. « Que de ratures, c’est illisible, je serai bon prince, … ?...., il ne progresse décidément pas, quelle confusion ! ….» se dit-il.
Tandis que les copies s’ornent de multiples traits tracés au crayon, les questions se bousculent en moi : pourquoi tant de fautes ? Mon enseignement est-il si mauvais ? Pourquoi ce pensum ? Mes corrections vont-elles être utiles ? Pourquoi dois-je passer mes vacances à corriger les erreurs des autres ? N’est-ce pas aux élèves à assumer le résultat de leur travail ? »…
Bondissant de copies en copies, je suis surprise par les élèves au regard vengeur :
Elève: j'ai passé trois heures pour faire ton devoir!
Professeur : et qu'en as-tu tiré?
Elève: j'ai pas pu sortir avec mes copains, j'ai pas pu jouer en ligne à mon jeu préféré. Comme je te déteste de me donner tous ces devoirs!
Professeur: Mais c'est pour ton bien. Qu'en as-tu tiré d'autre? N'es-tu pas fier d'avoir accompli ce travail de bout en bout?
Elève: Si, c'est vrai. J'en suis fier. Et en plus j'ai appris plein de trucs.
Professeur: Tu vois, moi aussi je suis fier de toi.
Me traînant de copies en copies, les élèves me surprennent la bouche pleine de chocolat :
Professeur: Zut alors, je vais encore passer toutes mes vacances sur ces satanés devoirs
Elève: mais pourquoi tu nous les donnes alors? Qu'est-ce que ça t'apporte?
Professeur: c'est pour moi une façon de voir si je vous ai bien fait assimiler certaines choses.
Elève: alors quand on réussit, t'es fier de toi?
Professeur: mais oui bien sûr, et je suis fier de vous aussi quand j'ai la preuve de vos progrès.
Elève: alors, arrête de râler!
Publié par Marie Laure à 15:22 0 commentaires
Libellés : Anglais, Correction des copies, Pédagogie, performance
samedi 14 février 2009
Richard Descoings et la Réforme des Lycées
Richard Descoings va peut-être venir dans notre lycée courant Mars. Je tiens l'info d'un de nos représentants au Conseil d'Administration qui la tient de notre Directeur Adjoint. C'est une visite qu'il a annoncé rendre à un lycée par département et s'il nous choisit, nous qui sommes Lycée Ambition Réussite, nous pourrons alors l'interroger sur la réforme des lycées, dont je vous le rappelle notre ministre Monsieur Darcos l'a chargé de s'occuper. Richard Descoings et la Réforme des Lycées
Mais ce n'est pas tout. Lors d'une réunion à Sciences Po à laquelle j'assistai avec ma collègue, je l'ai entendu dire qu'au cours de ces visites, il allait consulter la base. Nous pourrons donc également lui transmettre nos idées. Car cette visite prendrait la forme d'une conférence-débat de deux ou trois heures.
En conséquence, nous allons nous préparer pour que l'entrevue soit constructive. Parmi les questions que certains d'entre nous souhaitent aborder en voici quelques unes avancées par mon collègue représentant au CA que je livre telles quelles :
Quelle est notre vision de la mission du lycée?
Quel rôle pour le bac?
Qu'est-ce qui marche dans nos différents projets, dans nos différentes pratiques?
Qu'y avait-il de positif dans le projet de réforme? ( le projet n'ayant pas du tout été retiré, je devrais dire "qu'y a-t-il...")
Qu'est-ce qu'il y a de nocif / dangereux / d'effets pervers...?
Quel est son rôle à lui: recueillir et synthétiser les propositions de la "base" ou "mieux nous expliquer" le projet (nous avions mal compris...)?
Ma dernière formulation est là volontairement polémique car on ne peut faire abstraction du contexte, de la politique générale et s'en tenir à de grandes idées sur lesquelles le consensus est facile.
Si cette réunion doit avoir lieu, nous avons convenu avec la direction de banaliser une après-midi environ une semaine avant pour déjà échanger nos idées et positions. Et cela pourrait intervenir dès début mars.
Publié par Marie Laure à 19:04 0 commentaires
Libellés : La réforme des Lycées, vécu
mercredi 4 février 2009
COMPORTEMENT D'ELEVE : LA TENTATIVE DE FRAUDE
Sonia élève de Seconde, âgée de 15-16 ans, bien élevée, bien dans sa peau, bonne élève, s’est faite attraper avec une anti-sèche en cours de physique. COMPORTEMENT D'ELEVE : LA TENTATIVE DE FRAUDE
Voilà en substance la teneur de l’émail que je reçois sur ma messagerie électronique, avec pour objet : « Juste pour vous informer ». Il émane de la professeure de physique et a pour destinataires tous les professeurs de la classe.
C’est de cette façon que nous nous mettons au courant des bons résultats, bonnes actions, problèmes et absences de nos élèves et que nous échangeons sur tout ce qui fait la vie de notre classe de Seconde.
C’est bien pratique et très important.
Et c'est comme cela que j'apprends que Sonia s’est faite pincée, hier.
En fait, il ne s’agit pas d’une anti-sèche mais de la feuille du cours qui fait l’objet du présent contrôle. Sonia a copié sur son propre cours. La professeure le précise et regrette qu’elle n’ait même pas pris le temps de fabriquer une anti-sèche. Il est vrai que fabriquer ce « pense-bête illégal » permet de se familiariser avec le cours, d’exercer son esprit critique en sélectionnant les notions, ainsi que son imagination en lui trouvant la forme la plus ingénieuse, celle qui permet de ne pas se faire attraper.
Elle est donc déçue que Sonia n’en ait rien fait.
Quelle banalité, quel manque de fantaisie d’avoir sa feuille de cours sur les genoux. Quand certains font de l’anti-sèche un art, qu’ils exercent avec créativité, notre téméraire élève use de la feuille grand format avec calculs et notions dictés en classe. Quelle platitude, quelle déception !
Mais suffit, je ne ferai pas l’apologie de la fraude scolaire, ce n’est pas mon rôle. Reprenons plutôt notre récit.
Après nous avoir informé, notre collègue de physique conclut son email par une mise en garde car, écrit-elle, si Sonia tente « de le faire » en physique, elle pourrait « le faire » dans les autres matières.
Franchement, après sa lecture, je n'accorde pas beaucoup d'attention à cette affaire, car je me dis que la professeur l'aura gérée comme il se doit. Cependant, comme il me paraît important que nos élèves sachent que nous sommes une équipe soudée et que nous sommes avertis de leurs méfaits comme de leurs bonnes actions,il me semble donc tout à fait naturel, alors que je suis près de notre élève pour vérifier la justesse d’un exercice d’application, de lui glisser un sous entendu qu’elle comprend aussitôt. Cette compréhension immédiate prouve bien qu’elle n’est pas coutumière de la tentative de fraude. C’est sans doute pour cela qu’elle s’est faite pincer, la pauvre !
Bon voilà encore que je réagis comme une ancienne élève, pour qui copier n’est pas frauder!
J'aurais probablement oublié cet incident si je n'avais pas rencontré ma collègue dans la salle des profs le lendemain matin qui me raconte de nouveau l'histoire, cette fois de vive voix. Elle la termine en me faisant part de la sanction qu'elle a infligée à Sonia : un zéro au contrôle. Un zéro sur vingt comme réponse à cette tentative de fraude, rien d'autre. Je suis d'emblée très gênée par cette réponse qui me paraît inadéquate pour une tentative de fraude. Une note quantifie la qualité d'une prestation. Un zéro signifie que la prestation est nulle, car inexistante ou erronée. Sonia ne pouvait pas rendre un contrôle nul. En quoi son zéro est-il indicateur de sa prestation? En quoi sanctionne-t-il la fraude?
Fraude, ce mot résonne comme une malhonnêteté, une tricherie, une tromperie, une escroquerie à mes oreilles et à celles des honnêtes gens. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je le préfère à l’expression : « le faire » de l’émail ou au mot tricherie, plus volontiers employé dans le contexte scolaire.
Non, moi je veux que l’on bannisse le mot tricherie qui minimise l’action, la banalise, l’infantilise. Tricher n’est pas jouer, na na na !
Non, moi je veux réhabiliter le mot fraude dans les classes. Toi élève tu ne triches pas, tu fraudes. Tu n’es pas un sale tricheur, tu es un fraudeur ! C’est plus grave. Tu peux aller en prison pour cela ! Pas en prison de quelque jeu vidéo pour ados, non en vrai prison, avec des cellules et des barreaux aux fenêtres !
Bien sur, je délire, j’exagère, j'extrapole. Je ne veux certes pas que même s’il leur arrive d’être fraudeurs nos chers élèves soient enfermés, bannis de l’école, mis au ban de la société. Ils sont si jeunes. Ils ont tellement à apprendre.
Et justement nous sommes là pour ça.
Publié par Marie Laure à 22:36 0 commentaires
Libellés : Comportement, Discipline, Pédagogie, vécu
lundi 2 février 2009
Conseils de discipline - Une réponse à l'absentéisme ?
Il a neigé cette nuit. Conseils de discipline - Une réponse à l'absentéisme ?
Naïvement je ne pense même pas que mes étudiants ne pourront pas se rendre au lycée. Les autobus ne roulent pas quand il neige dans la région parisienne.
Heureusement que la prof principal m'appelle chez moi, poussée par nos étudiants de 1ère année de BTS Assistant de Gestion PME-PMI. En effet ces derniers lui demandent de me joindre pour savoir si j'assure mon cours avec eux ou pas. Je vais, c’est sûr, en décevoir quelques uns puisque je réponds que je serai fidèle au poste. Je suis sincèrement désolée pour les sérieux qui n’auraient pas craché sur mon absence, je sais ce que c’est j’ai été élève ! Mais j'espère pouvoir me rendre au lycée avec mon 4x4.
Je ne vois pas pourquoi je manquerai mes cours et je suis curieuse de voir l'impact qu'à eu la décision que l'équipe pédagogique et la direction ont prise conjointement à l'encontre de nos absentéistes. Lors du conseil de classe semestriel, devant une seule déléguée, elle-même absentéiste, et le très petit nombre d'étudiants qui souhaitaient assister à l'étude de leur cas, nous avons prononcé treize conseils de discipline pour les plus absents et les plus paresseux. Cette décision a fait des vagues aussi bien auprès de nos collègues syndiqués ou non dans notre salle des profs qu’auprès du Recteur d'Académie. Il est vrai qu'un tel sursaut n'est pas politiquement correct, sans doute parce que l'on ne retient que le côté sanction du conseil de discipline et non pas ses vertus pédagogiques. A l'heure où j'écris je n’en connais pas l'issue.
Avant les dits conseils, notre proviseur a reçu ces jeunes gens. Il nous a ensuite réuni pour nous faire part des décisions et des justifications de ces étudiants. En effet traditionnellement, les étudiants préfèrent démissionner avant de passer en conseil de discipline et c’est tout le sens de ces entrevues. De plus elles permettent aussi d’avoir enfin un contact avec ceux que l'on ne voit jamais, car généralement ils se déplacent pour cette occasion.
Notre proviseur nous informe donc que tous ont décidé de continuer leur année même s'ils n'avaient pas choisi ce BTS au départ. Certains affirment même que finalement il ne leur déplaît pas.
Les problèmes personnels, criants, véritables ou exagérés, le manque d'argent qui les oblige à travailler parfois vingt heures à l'extérieur pour d'autres, nous renvoient en pleine face la dure réalité de la vie d'une partie de nos étudiants. L'énorme fossé qui existe entre leur scolarité précédente en Bac Professionnel ou Technologique et les exigences de ce BTS nous interpellent et nous questionnent aussi.
Certains se disent déprimés.
Déjà pendant le conseil de classe nous avions soulevé beaucoup de questions :
· Comment faire comprendre au Rectorat que les affectations des élèves en BTS, doivent prendre en compte la réalité des étudiants, leurs goûts et leurs envies ?
· Comment mieux faire connaître notre formation pour y attirer plus d’ étudiants susceptibles de réussir pour ainsi contribuer à insuffler un meilleur climat de travail ?
· Comment aider nos étudiants à avoir une plus grande estime d’eux-mêmes pour une meilleure réussite ?
· Comment traiter l’absentéisme au lycée ? Pour les élèves, pour les étudiants, sachant que les universités ont apporté une réponse en sanctionnant les absences ?
· Comment nous les enseignants, mieux connaître le niveau et les besoins de nos étudiants pour nous y adapter, sachant qu’ils sont très hétérogènes, et les entraîner dans une spirale de réussite ?
· Comment traiter l’hétérogénéité de nos étudiants ?
· Comment aider les professeurs à enseigner dans ces classes ?
Il me semble indispensable d’ apporter des réponses concrètes à ces questions qui sont centrées sur trois pôles
1. Le recrutement des étudiants
2. Les étudiants
3. Les enseignants
Je ne pourrai qu'essayer des réponses sur les deux derniers pôles, le premier m'échappant complètement.
C’est ce que je ferai grâce à mon expérience et ma pratique de LMCP dans un prochain billet.
Publié par Marie Laure à 17:35 0 commentaires
Libellés : Absentéisme, Discipline, La Méthode Chalude de la Performance, Pédagogie, performance
jeudi 29 janvier 2009
Expérience pédagogique en Terminale STG. Bilan 1er cours
Lors de notre réunion mes trois collègues et moi avions décidé des étapes qui jalonneraient cette expérience. Expérience pédagogique en Terminale STG. Bilan 1er cours
Nous avons donc réuni les élèves des quatre classe de Terminale STG dans l'amphithéâtre ; une centaine de jeunes plus ou moins excités qu'il a fallu canaliser à une heure difficile de la matinée : le délicat créneau horaire 12h-13h. C'est pour tous la dernière heure de la matinée, celle où les estomacs crient famine, où l'attention est à son plus bas niveau et l'excitation à son comble.
Néanmoins, quelques mises au point un peu musclées et un suspens volontairement entretenu plus tard, je peux exposer dans le calme, les modalités de cette expérience et chacun d'entre nous de faire part du contenu de son atelier à ce parterre plutôt intrigué. Après de nombreuses questions auxquelles nous avons répondu avec intérêt, nous sommes prêts à inscrire les élèves dans les ateliers. Les inscriptions se passent dans un ordre correct et les élèves sont avertis que les listes seraient affichées à la vie scolaire très bientôt, sur lesquelles ils se verraient confirmer leur participation aux ateliers choisis, dans la limite des places disponibles.
Tout est en en ordre, il ne nous reste plus qu'à commencer.
Ce que je vais te livrer maintenant est le bilan de mes premiers cours. Je l'ai écrit avec honnêteté au sortir de chaque cours et le publie tel quel, sans aucune retouche.
Les remarques, idées, résolutions, actions à mener ont toutes été adoptées en concertation avec mes collègues avec lesquels nous nous réunissions une fois par semaine pendant l'heure inscrite à notre emploi du temps. Cette heure hebdomadaire m'a également permis de les former à La Méthode Chalude de la Performance et de chercher et trouver des solutions aux problèmes qui n'ont pas manqué de se poser. Je bénéficiais par ailleurs de l'aide et des conseils de M. Chalude.
ATELIER THE SIMPSONS SEASON 10 EPISODE 2
Bilan 1ère séance
Premier cours. 20 élèves. 6-7 garçons parlent fort en entrant en classe et sont très agités. Il est 12h c’est ramadan.
Quelques plages de silence cependant. La curiosité est forte. Ils réclament de voir les Simpson.
Je parle, explique mais c’est trop long, ils s’agitent.
Je cafouille avec le matériel audio-visuel et demande au plus bruyant son aide pour manipuler le magnétoscope et la télé. Il me regarde et semble flatté que je lui confie une telle responsabilité.
Les élèves bruyants sont les plus coopératifs, ils font volontiers des phrases en anglais mais les lancent sans ordre ni discipline sans demander la parole.
Bilan :
Trop de temps perdu avec la technique et la mise en route (l’appel obligatoire est trop long)
mpossible de gérer le groupe.
Conclusion :
Le groupe classe est parasité par 6-7 éléments qui exigent une attention et une énergie constantes car ils se font écho les uns aux autres. Leur agitation s’auto alimente. Ils ignorent totalement le prof et les autres élèves. C’est une façon de prendre le pouvoir. Ils ont réussi puisqu’ils m’ont empêché de gérer le temps, les activités et le groupe classe.
Actions à mener :
1. Profiter de l’envie des élèves de regarder les Simpson
2. Profiter de leur besoin de parler pour les faire parler anglais.
3. Donner moins d’explications, et entrer dans le concret tout de suite
4. Pour les calmer et les mettre en condition faire relaxation en début de cours
5. Arriver à pénétrer dans leur monde pour m’imposer en leader
6. Continuer à confier la responsabilité de la manipulation de l’équipement à Aziz.
7. Leur faire créer des règles de fonctionnement dans la classe pour auto-régulation. ( ex : lever la main pour parler, se taire autrement, cesser de se moquer, de ricaner, de s’interpeller en classe, etc …)
Publié par Marie Laure à 17:44 0 commentaires
Libellés : Comportement, cours, Pédagogie, Travail en équipe. Vécu, vécu
mercredi 28 janvier 2009
Expérience pédagogique en Terminale STG : partie 2 - La mise en place
Comme le promettait la première partie, voici la suite de la saga qui s'est déroulée l'année dernière. Comme tu as pu le lire dans le premier billet que j'ai posté, je parle de la méthode pédagogique du psychologue qui m'a inspiré ce type d'expérience. J'en parlerai, bien sûr, car je crois fermement que mon engagement tient en ma conviction que ce système, LMCP®,(La Méthode Chalude de la Performance)est révolutionnaire et aidera tous les enseignants comme il m'a aidé depuis que je le pratique. Expérience pédagogique en Terminale STG : partie 2 - La mise en place
Le lundi 10 septembre 2007
Aujourd’hui 2nde réunion de concertation avec mes collègues co-animateurs de l’expérience : Enseigner autrement.
Nous nous retrouvons dans la salle des profs devant une tasse de thé qu’Anne M. confectionne. Nous entamons la discussion. Nous devons préparer l’intervention de mercredi car j’ai décidé de réunir tous les élèves participant à l’expérience dans l’amphithéâtre pour leur rappeler rapidement en quoi elle consiste et leur présenter tous les ateliers pour qu’ils puisent faire leur choix. Nous quittons la salle des profs pour nous installer dans la salle des casiers équipée de tables et de chaises, plus calme, où nous pouvons travailler sans déranger personne.
Tout de suite Anne, comme je la vois faire depuis notre première réunion sort de quoi écrire et prend l’initiative de noter le plan que nous adopterons pour conduire cette réunion. Je prends mon cahier réservé à cela et prends des notes également.
Anne est formidablement organisée (Manager) et la regarder faire m’étonne et me ravit. J’apprends tant d’elle. Tout de suite elle parle de son atelier et nous présente le film qu’elle va faire travailler : Crash de Paul Haggis. Comme elle l’avait fait la fois précédente, elle prévoit le nombre de séances et extrait le thème de son étude : « Appréhender les différences dans le monde contemporain ». Elle ne veut pas l’appeler Racisme, car ce mot est utilisé dans tous les manuels et déclarer encore et toujours que le thème abordé est le racisme sonne trop traditionnel à ses oreilles.
J’interviens et lui fait remarquer que si cela lui chante qu’elle réserve cet objectif déclaré pour l’inspectrice mais que LMCP®, heureusement, nous sort de cette routine enseignante. Nous travaillerons « gratuitement » avec les élèves c’est-à-dire que nous ne retiendrons que le plaisir de travailler sur le film sans enfermer nos élèves dans un cadre qui consiste à leur expliquer que : "attention nous sommes en classe, nous abordons des thèmes intellectuels, qu’on se le dise !" Non ces thèmes nous les aborderons d’une autre façon, en douceur, naturellement comme dans la vraie vie. Imagine des personnes réunies autour d’un bon dîner déclarer tout de go. Et si nous parlions du racisme ! Aujourd’hui je dis que nous ne devons pas annoncer nos objectifs culturels ni même langagiers aux élèves, faisons passer nos objectifs naturellement sans leur donner un aspect doctrinal qui peut être rébarbatif pour des élèves de STG.
Anne est tout de suite d’accord avec moi et la discussion se poursuit.
Ce qui me gène dans le discours des inspecteurs est qu’ils ne prennent jamais en compte les élèves, leurs vécus, leurs aspirations, leurs envies. C’est comme si notre enseignement était déconnecté de la réalité qui est la réalité élèves. Ils ne nous parlent jamais de leur motivation. C’est comme si un élève était par essence motivé, comme si cela coulait de source.
Je me souviens avoir demandé des conseils à notre inspectrice il a quelques années sur la façon de motiver nos élèves, elle a répondu par l’anecdote connue de tout le monde enseignant de langue, de la petit prof d’un mètre cinquante et du grand gaillard noir du lycée du neuf trois. Ce grand classique est l’histoire d’une petite bonne femme prof d’anglais qui fait des miracles avec des élèves difficiles. Comment ? Mystère ! Notre inspectrice n’a jamais voulu partager avec nous le secret de la réussite de cette enseignante extraordinaire. D’où notre scepticisme….
Laurent S. commence à nous exposer la première séance de son atelier qui aboutira sur l'écriture d’une chanson en anglais. Il étudiera une chanson de Justin Timberlake : Losing my way. Ses 10 heures de cours seront employées comme suit :
1. Travail sur les émotions des élèves à l’écoute de la chanson
2. Prise de notes (repérage de 5 mots minimum et expression de la chanson)
3. Construire ou inventer à partir des mots et expressions notées par les élèves
4. Texte à trous (mots porteurs de sens, mots connus et/ou inconnus)
5. Préparation à un travail de groupe : Questions :
- Quel rôle pensez vous jouer dans le travail que vous allez effectuer en groupe ?
- Quel rôle avez vous joué dans ce travail ?
Traduction en rôles LMCP® ;
Travail : Réécrire la chanson avec rimes à la lumière -du dealer
-de l’ex petite amie
-de l’enfant
6. Travail sur les rimes. Imposer de faire une production d’une strophe ou plus
7. Travail avec rimes (suite) et répétition
8. Évaluation notée en groupes style Nouvelle Star grille d’évaluation à créer.
Critères à prendre en compte : justesse de l’anglais, richesse de l’anglais, prestation artistique etc… )
9. Enregistrement production élèves avec Jean Paul A. au studio d’enregistrement du lycée
10. Enregistrement et confection d’un CD avec toutes les prestations à remettre aux participants. En garder une copie.
FIN : Demander par mail ou par écrit aux élèves une évaluation de cette expérience au moyen d’une grille à confectionner.
ATELIER MLAURE A. : Après sondage fait auprès des élèves : travail sur un épisode des Simpsons
ATELIER SYLVAIN C. : Après sondage fait auprès des élèves : travail sur un épisode de Prison Break
Tous les ateliers suivront la même progression que celui de Laurent et les productions des ateliers Crash, The Simpsons et Prison Break seront des scènes crées par les élèves en groupe, filmées et enregistrées sur DVD, remis aux participants. En garder une copie.
Pour l’instant cette expérience me porte, me donne une énergie extraordinaire. Je rencontre Laurent, Anne, Sylvain et je m’enrichis à leur contact.
A suivre...
Publié par Marie Laure à 16:20 0 commentaires
Libellés : Anglais, cours, Expérience, La Méthode Chalude de la Performance, Pédagogie, Travail en équipe. Vécu